De grâce et de vérité

Publié le par Anne

De grâce et de vérité

 

"Tu n'as pas de père." C'est ce que Sally s'est toujours entendu répondre par sa mère chaque fois qu'elle lui a posé la question du nom de son père. Ce secret familial a empoisonné la vie de Mame, qui a fini par se suicider, et la vie de Sally. Elle est devenue actrice, elle connaît le succès et l'exaltation grâce à ce métier.

 

"Je peux tout oublier dans les mots des autres. Je peux emplir mon cerveau de leur chant. Jour après jour, nuit après nuit. Des milliers et des milliers de mots.

Est-ce là que se trouvent les réponses ?

Dans ces mots ?

Peut-être n'y a-t-il pas de réponses.

Seulement des questions.

Des questions.

En quête."

 

Le jour où son mari, Charlie, lui annonce qu'il la quitte, Sally se rend compte qu'elle n'a jamais été heureuse. Elle revoit son enfance irlandaise, sa jeunesse terne et enfermée auprès d'une mère dépressive, elle relit sa difficulté à nouer des relations stables avec les hommes, son mariage avec Charlie, son refus d'avoir des enfants. Elle décide alors de se tourner vers la seule personne qui pourrait lui apporter LA réponse qu'elle espère tant : son grand-père, qu'elle n'a plus vu depuis la mort de sa mère. Un vieil évêque protestant, veuf, froid et rigoriste, qui garde ses distances au début, mais qui convoque ensuite sa petite-fille à des rencontres très formelles et finit par lui confier un cahier dans lequel Sally va découvrir l'histoire de sa famille...

 

J'ai déjà lu plusieurs titres de Jennifer Johnston, La femme qui court, Un homme sur la plage, Des ombres sur la peau. J'ai retrouvé ici son goûtpour des vies ordinaires marquées par l'extraordinaire de l'Histoire ou d'une histoire particulière. Au moment où Sally affronte la solitude (après avoir mis son mari volage à la porte), elle se gave d'images télévisées sur la guerre en Irak. Le cahier de son grand-père est marqué par la fin de la seconde guerre mondiale. Sans doute ces conflits violents symbolisent-ils la violence intérieure que doivent vivre les personnages. 

Le livre se lit très facilement, l'auteur va directement à l'essentiel, un peu trop peut-être : j'avais bien davantage apprécié sa sensibilité, sa compassion dans les titres précédents déjà cités. Cependant on ne peut qu'admirer Sally, dans son désir de connaître la vérité, dans la résolution avec laquelle elle la recherche et l'aborde. Et encore une fois, par la magie de l'écriture, se laisser envoûter par le charme de l'Irlande...

 

Jennifer Johnston, De grâce et de vérité, Belfond, 2007 - et en poche, en 10/18

 

Un livre lu dans le cadre du challenge                                                                                      2/50 logo3.JPG

 

 

Publié dans Des Mots irlandais

Commenter cet article

Sharon 13/04/2011 17:25


Je n'ai pas du tout aimé ce livre (mais alors, pas du tout). Je ferai une nouvelle tentative avec cette auteur dans le cadre de la semaine celtique.


Anne 13/04/2011 18:06



Ce n'est pas mon préféré de cet auteur. Je préfère "Les ombres sur la peau", "La femme qui court" et "Un Noël blanc". Mais je suis "Johnston addict", alors je les ai tous...