Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier

Publié le par Anne

Deuxième chronique du règne de Nicolas 1er

 

Quatrième de couverture :

C’est parce que nous sommes nombreux à souffrir votre règne, Sire, que j’ai entrepris de le raconter, afin qu’en demeurent les péripéties et, oserais-je le dire, une manière de trace. La plume m’en tremble entre les doigts, mais Votre Compulsive Grandeur doit comprendre que, selon les lois de la nature et celles de la politique, la pluie succède au beau temps. Voici venue pour Votre Omnipotence la saison des orages. P. R.

 

Bon, vous avez le droit de me lancer des tomates (mais pas trop pourries, s'il vous plaît), et pour plusieurs raisons : parce que Patrick Rambaud a publié sa cinquième (et dernière) chronique (il doit être soulagé de pouvoir se consacrer à autre chose), et parce que je suis bien en retard et bien gonflée d'avoir sorti ce livre de ma PAL juste avant le second tour de l'élection présidentielle. Evidemment, si je lis ces chroniques, si j'ai bien l'intention de lire les suivantes, c'est que je suis assez d'accord avec l'auteur, je déguste littéralement sa critique de celui qu'il présente comme un mini-Napoléon inculte et versatile, attiré par tout ce qui brille (et qui est de l'or) et qui a fait de l'adage "Diviser pour régner" sa devise préférée.

Vous avez parfaitement le droit de me dire que ma nationalité belge devrait me tenir à l'écart de cette polémique. Mais je vous répondrai que les Belges francophones (et beaucoup moins les Flamands, si on en croit la presse) se passionnent quand même aussi pour l'élection présidentielle française et que j'assume complètement mon antipathie profonde envers Nicolas Sarkozy.

Je vous répondrai aussi que, dans les écrits de Patrick Rambaud, je goûte bien sûr la critique, acerbe, féroce, vacharde en diable, mais aussi son humour fin et observateur, et peut-être plus encore sa plume, son style qui, vous le savez sûrement déjà, fait penser aux écrits de Saint-Simon, Montesquieu et aux Caractères de La Bruyère. Patrick Rambaud a l'art de trousser un portrait, par exemple la Comtesse Bruni, ou M. Benoit XVI, de raconter l'origine  des "courtisans" (comme le Baron Bertrand, qui joue ici un grand rôle dans la politique de Nicolas Ier). Quand il veut critiquer telle ou telle attitude de "Notre Très Emoustillant Souverain", il fait le lien avec d'autres faits historiques, d'autres observations d'écrivains classiques, nous montrant ainsi une culture livresque et historique qui semble faire cruellement défaut à son sujet d'étude.

Ah, quel bonheur de voir un écrivain maniant si bien le vocabulaire et le subjonctif imparfait !

 Cerise sur le gâteau, je souris sans cesse à découvrir les nombreux qualificatifs écrits avec force majuscules, adaptés aux nombreuses circonstances de la vie publique et privée de Nicolas, dit Premier : "Notre Monarque Maximum", "Notre Guide Emporté", "Notre Bondissant Leader" pour n'en citer que quelques-uns.

Tout cela me fait rire et sourire, et ne trahit sans doute que mon intérêt profond pour la France, ses habitants et sa culture ! Et j'espère n'avoir choqué personne (ou pas trop) en publiant ce billet...

 

Patrick RAMBAUD, Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier, Grasset et Fasquelle, 2008 (et aussi au Livre de poche)

 

Et un livre de ma PAL en moins !   objectif_pal Et au fait, je peux l'intégrer dans le challenge d'Enna, catégorie Personnes célèbres ! laurier-couronne-fdb39

Publié dans Des Mots français

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Commenter cet article

Géraldine 24/05/2012 02:03

J'ai lu les premières chroniques dont je m'étais régalées, mais dont je garde un souvenir flou, trop flou pour avoir envie de me précipiter sur la suite. Et puis j'espère maintenant que Nicolas 1er
appartient au souvenir dont on aura plaisir à lire dans quelques années !

Anne 24/05/2012 12:05



J'espère ne pas les laisser pourrir dans la PAL, quand même !



Itzamna 18/05/2012 14:44

Beau billet et lecture qui aurait pu apparaître au challenge citoyen 2012 : http://itzamna.over-blog.fr/pages/Challenge_citoyen_indigne_revolte_engage_-6701890.html !!
J'irai peut-être le lire et partager ma critique. Merci pour la bonne idée ;-)

Anne 18/05/2012 17:54



Je ne vais pas m'inscrire a posteriori, d'autant que je ne lis quasiment que des romans. Mais je suis contente que tu aies trouvé cette idée !



krol 14/05/2012 18:41

Ton billet est délicieux ! Comme il est agréable de se sentir compris par nos ami(e)s belges ! je ne sais pas si je lirai ce livre mais j'avoue que s'il tombe entre mes mains, je savourerai le
plaisir de lire des bons mots...

Anne 14/05/2012 21:27



C'est savoureux, exactement :)



caro_carito 14/05/2012 17:32

L'inculture ne me dérange pas, je peux comprendre que l'on ne soit pas fan de cela mais delà à mépriser ceux qui en ont, là...

Moi j'aime me cultiver par goût par pour l'étalage comme d'autres aime faire les botuiques, jardiner, coudre, bricoler.

Anne 14/05/2012 21:26



Nous sommes d'accord :)



caro.carito 14/05/2012 10:27

je viens de finir le président des riches, atterrante lecture mais qui va de pair avec ces chroniques. D'Ormesson a essayé de se la jouer "je serai le dernier de Victor Hugo) mais il s'opposait à
Napoléon le petit...

http://www.legrandsoir.info/Michel-Pincon-et-Monique-Pincon-Charlot-Le-president-des-riches.html

Anne 14/05/2012 15:52



Patrick Rambaud utilise l'expression "Je suis le dernier" ! Il la met dans la bouche de Mitterrand, et en profite pour parler de l'inculture de NS...