L'armée furieuse

Publié le par Anne

L'Armée furieuse

 

Attention, dans ce billet, je risque de parler de choses ou de personnages apparus dans les précédents Vargas (ceux qui souhaitent les lire et garder le suspense... passez  votre chemin ou lisez en fermant les yeux) et je risque aussi de faire une petite pâmoison complètement subjective (désolée pour les anti-Adamsberg...). Vous voilà prévenus.

Ce petit préambule établi...  je vais essayer d'atterrir pour vous parler de ce livre. Je suis tellement fan de Fred Vargas, du commissaire Adamsberg, qu'il me faut toujours un certain temps avant d'ouvrir un autre livre. Je me repasse les scènes, les personnages, les moments clés... et je dois dire que j'ai eu tendance à lire avec, comme images mentales, les acteurs choisis par Josée Dayan pour les adaptations télé des romans "Adamsberg". Et pourtant Danglard, Retancourt ne sont pas vraiment les mêmes en images et sur papier, mais ce n'est pas grave.

Mais je m'égare, je m'égare (comme mon héros !) Ca commence apparemment loin du sujet donné par le titre, avec un vieux filou, extrêmement doué en mots croisés, et un pigeon mis à la torture et recueilli par Adamsberg. Pour raconter l'histoire, ou du moins le début (car c'est trop idiot de vous en dire trop), j'emprunte carrément les mots du commandant Emeri à la page 86 :

"Léo insiste sur l'aile du papillon, reprit Emeri. Elle dit que l'essentiel, c'est de la repérer au moment où elle bouge. Et pas quand tout explose ensuite. Et pour cela, elle est douée, on doit le reconnaître. Lina voit passer l'Armée furieuse. C'est l'aile du papillon. Son patron le raconte, Léo l'apprend, la mère prend peur, le vicaire lui donne votre nom - je ne me trompe pas ? -, elle prend le train, son histoire vous séduit, il fait 36° C à Paris, la femme est étouffée avec de la mie de pain, la fraîcheur du grimweld vous tente, Léo guette sur le chemin, et vous voilà assis ici."

Vous avez saisi ? Non ? Ce n'est pas grave, vous êtes comme le commissaire, qui ne sait pas toujours expliquer précisément comment et pourquoi il a mis le pied dans une enquête. Comme dans Dans les bois éternels et Un lieu incertain, Adamsberg est à la fois occupé par un crime parisien et intéressé, attiré par une affaire en province. Cette fois, pourtant, la petite femme qui a osé venir le solliciter depuis sa Normandie jusqu'à Paris n'avait au départ rien de convaincant. Mais voilà, les réactions en chaîne suite au meurtre d'un gros industriel poussent Jean-Baptiste au vert, sur le chemin de Bonneval. Là où passe, depuis la nuit des temps, l'Armée furieuse (ou la Mesnie Hellequin, si vous préférez)...

 

Je m'arrête là, je n'en dis pas plus. Bon, comme d'habitude, je me suis laissé emporter par l'histoire, j'ai dégusté la collection de personnages locaux mis en place par Fred Vargas (les Vendermot, le commandant Emeri, le brigadier Blériot... ah ces noms, je ne m'en lasse pas), j'ai frémi pour Léo, j'ai suivi Adamsberg dans ses divagations mentales (mais on commence à le connaître tellement bien qu'on sait où ça mène), j'ai eu un petit doute et j'étais peut-être à deux doigts de deviner qui était le méchant... mais à la limite, ce n'est pas ça qui compte, c'est l'univers de ce policier pas comme les autres qui compte. On retrouve ici, évidemment, les flics de la Brigade criminelle, l'efficace Retancourt, le naïf Estalaire, avec  le coup de projecteur mis ici sur la jalousie entre Danglard et Veyrenc. "Adamsberg allant au long de sentiers sinueux, tandis que Retancourt avançait en ligne droite vers l'objectif, selon le mécanisme réaliste d'un buffle visant le point d'eau" (p. 109, ah la comparaison !!) Les fans (comme moi) apprécieront la relation lente mais précieuse qu'il noue petit à petit avec Zerk, son fils aîné, qui lui ressemble étrangement... 

Et comme d'habitude aussi, les trois affaires qui semblaient n'avoir aucun poin commun, si ce n'est l'enquêteur, tissent des fils ténus, embrouillés, invisibles d'abord, lumineux tout à coup. Comme le dit Zerk (p. 271) : "Je crois que le gars qui a torturé le pigeon, le gars qui a tué à Ordebec, le gars qui a brûlé Clermont-Brasseur, je crois que tout cela se promène bras dessus, bras dessous dans sa tête sans qu'il fasse vraiment de sélection."

Car tout le monde est important pour Adamsberg : son humanité, sa fidélité en amitié ne sont pas les moindres de ses charmes. Ceux qui ne sont pas d'accord sont des sdrannoc.

 

Fred VARGAS, L'Armée furieuse, Editions Viviane Hamy, 2011

 

 

L'avis de Leiloona ici

Et celui de Kathel qui a recensé plein d'autres liens.

 

Ma foi, ce livre était dans ma PAL avant ce mois d'août, donc...  objectif_pal

 

 

Publié dans Des Mots noirs

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-Perrine- 20/08/2011 20:47


Oh My God... !


Anne 20/08/2011 21:01



Yeeees !! (of course)



-Perrine- 20/08/2011 20:25


OMG ! Violette Rettancourt... Quelle femme !!!! Respect.


Anne 20/08/2011 20:29



Oula moi y en a pas comprendre OMG, c'est une expression sûrement trop jeune pour moi (mais je suis prête à essayer de comprendre...)



-Perrine- 20/08/2011 20:11


On l'aime, notre pelleteux de nuage !! :D
A te relire, c'est vrai que c'est spécial (et génial) ! Mais je crois que je préfère Sous les vents de Neptune, vraiment exceptionnel.


Anne 20/08/2011 20:19



Oh oui ! Je pense que tu as raison, Sous les vents de Neptune est quand même un cran au-dessus. Et puis c'est là qu'on découvre l'inénarrable Violette...



argali 17/08/2011 23:15


Oui, oui je l'ai lu.
http://argali.eklablog.fr/l-armee-furieuse-fred-vargas-a3796081


Anne 17/08/2011 23:41



J'ai lu ton article ;-)



Aymeline 17/08/2011 20:00


Je ne vais pas tarder à le lire je pense :)


Anne 17/08/2011 21:42



Accro à Adamsberg, toi aussi ?? Bienvenue au club !