La citation du jeudi

Publié le par Anne

Une initiative de Chiffonnette, bien sûr !

 

En attendant le billet sur Le retour de l'aube, voici un paragraphe bien intéressant, qui reprend tout l'enjeu de cette série de Malorie Blackman. C'est Tobey qui parle (pages 137-138) :

"Les temps avaient changé depuis la jeunesse de ma mère. L'école ne pouvait plus nous discriminer ouvertement, nous les Nihils, et l'éducation était obligatoire pour tout le monde jusqu'à seize ans, qu'on soit nihils ou pirmas. Le décret de l'égalité des droits voté par le Parlement n'avait pas le pouvoir de modifier les mentalités en un claquement de doigts. Surtout celle des gens de plus de trente ans. C'était un premier pas, mais... c'était parfois si difficile de se montrer patient quand la patience était considérée comme un signe de faiblesse ou, pire, un consentement. Dan, McAuley, la Milice de libération et même moi en avions assez de nous montrer patients. Nous voulions notre part et nous la voulions maintenant. Et si on nous la refusait, eh bien quoi ? On allait se servir. Le problème, c'est que tout le monde se servait. Nihils et Primas, sans distinction. Quand on y pensait, ce n'était qu'une question de territoire, partout sur la planète. Si les gouvernements se battent pour ce raisons-là, alors pourquoi pas les individus ? Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est à moi. Et tous ensemble, on pousse le même cri."

 

Malorie BLACKMAN, Le retour de l'aube, Macadam, Milan, 2009

 

Publié dans Des Mots britanniques

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