Le cas Sneijder

Publié le par Anne

 

Quatrième de couverture :

Victime d’un terrible - et rarissime - accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique rescapé. C'est le début d'une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toute son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu’au jour où, à la recherche d’un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie.

 

Quand Krol m'a proposé de m'envoyer ce livre, j'ai dit oui tout de suite, tant j'avais aimé  Une vie française (et que j'étais influencée par les critiques qui faisaient des parallèles entre les deux livres). Je ne sais si le fait de mettre beaucoup de temps à lire un livre durcit mon jugement (il me semble que cela arrive souvent, et c'est le cas ici : presque six jours pour lire 217 pages, c'est un peu beaucoup...), toujours est-il que je me suis un peu ennuyée en lisant ce roman. Et pourtant je ne l'ai pas lâché, je voulais savoir où l'auteur allait mener son personnage.

Car tout tourne vraiment autour de ce Paul Sneijder, qui nous raconte son histoire. Franchement sa femme et ses fils (une errance spermatique, comme il se plaît à les appeler, pas vraiment ses fils) sont imbuvables, mais lui-même n'est pas sympathique : avant l'accident, il végète dans une soumission passive à sa femme, il a accepté sans discuter l'exigence de celle-ci, que la fille née d'un premier mariage ne franchisse jamais le seuil de la maison paternelle.

"Quant à moi, depuis ce temps, je sais ce que je vaux mais j'évite, autant que faire se peut, de me questionner ou de m'attarder sur le sujet.

C'est ainsi que nous vécûmes, famille désarticulée, petits Français de l'intérieur, coincés entre le leasing de nos voitures et les escalators du progrès, gravissant quelques marches sociales pour les redescendre aussitôt, enterrant nos parents avant de dépenser leurs assurances-vies, voyant grandir nos enfants et défiler les années, comme les bovins regardent passer les trains, jusqu'à la fin." (p. 27)

Paul Sneijder a suivi tout aussi passivement sa femme à Montréal, où il a vécu de nombreuses années avant de se fracasser dans cette chute vertigineuse d'ascenseur, avec sa fille venue lui rendre visite au Canada, et trois autres personnes.

Alors, bien sûr, toute l'étude sur les ascenseurs, sa manière de se reconstruire après l'accident sont emblématiques de notre société moderne, nos manières de vivre ensemble, notre espace vital, ce qui est permis et défendu, la force des apparences, du "comme il faut", et ces thèmes sont subtilement repris dans de nombreux détails du roman. Mais j'ai trouvé que le tout manquait de chaleur et d'action, que cela relevait d'une construction intellectuelle, certes brillante et bien documentée, mais un peu creuse...

Bref une petite déception, c'est certain, par rapport à Une vie française. Mais j'aimerais découvrir d'autres romans de cet auteur, malgré tout !

 

C'était un coup de coeur pour Krol, un tout grand merci à toi de l'avoir fait voyager jusqu'en Belgique ! Lisez aussi l'avis de Fransoaz.

 

Jean-Paul DUBOIS, Le cas Sneijder, Editions de L'Olivier, 2011

 

Vous avz remarqué ? Un billet sans logo : yes !

Je ne vous propose pas de musique particulière à écouter, ou alors une musique d'ascenseur ou de supermarché, vous savez, par exemple Les quatre saisons de Vivaldi remasterisées pour Ca****ou...r

 

Publié dans Des Mots français

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constance93 12/02/2012 17:10

je ne sais pas, cela fait un moment que je n'ai pas pris le temps de lire la presse littéraire, et j'y attache bien peu d'importance depuis toujours.

Anne 12/02/2012 23:38



Ne cédons pas aux phénomènes de mode, en effet... ou alors, à condition d'être bien "nourries" par les bouquins.



constance93 12/02/2012 12:32

oui, c'est vrai. J'ai beaucoup plus entendu parler d'Une Vie Française, par exemple.
mais en même temps, qu'on n'en parle pas beaucoup, ce n'est pas forcément bon signe non plus...
il faudra que j'en m'en fasse ma propre idée, je crois ;)

Anne 12/02/2012 13:13



J'avais vraiment bien aimé Une vie française ! Les critiques dans la presse ont été bonnes pour celui-ci, non ? Mais effectivement, lis par toi-même, comme une grande ;-)



constance93 11/02/2012 23:27

j'étais intéressée par cette lecture, je le suis toujours, mais ton billet refroidit un peu mon enthousiasme. je vais peut-être attendre sa sortie en poche pour "tester"

Anne 11/02/2012 23:58



J'ai l'impression d'être une des rares à ne pas avoir aimé. D'un autre côté, on ne parle pas beaucoup de ce livre sur les blogs, dirait-on.



Manu 08/02/2012 19:39

J'avais déjà peu aimé Une vie française et je vois que celui-ci est du même acabit !

Anne 08/02/2012 23:14



Eh oui, encore un auteur français comme tu ne les aimes pas ;-)



l'or des chambres 08/02/2012 14:26

Voilà un auteur que je n'ai jamais lu !! Et brrr, un accident d'ascenseur, ça fait froid dans le dos... (claustophobe je déteste prendre l'ascenseur et ne le prend que si je n'ai pas le choix,
genre 15 étages à monter)

Anne 08/02/2012 23:03



Dans ce livre, il y a bien plus d'étages dans des bâtiments qui donnent le vertige : tu aurais la frousse ! ;-)