Le monde attend derrière la porte

Publié le par Anne

 

Depuis qu'elle est tout petite, Sarah se rebelle contre les exigences, les diktats énoncés par ses parents et surtout par le Tuteur de la Communauté des Rigoristes à laquelle appartient sa famille. Elle n'a pas le droit de porter des pantalons, de lire, de parler aux "étrangers", on ne reçoit jamais de cadeaux de Noël ou d'anniversaires.

Au moment de son entrée en cinquième, elle est obligée de quitter le collège pour rejoindre le Centre scolaire de la communauté. Tous les moyens sont alors bons pour obtenir des livres, essayer de renouer avec les copains d'avant, et surtout essayer d'attirer l'attention du bel Olivier. Mais les punitions sont de plus en plus sévères, et Sarah ne trouve pas d'autre solution que de fuguer. Cela se termine mal... : malade, épuisée, Sarah est envoyée en Ecosse, dans une famille censée la remettre dans le droit chemin, la rééduquer aux vraies valeurs de sa "religion". Car sa famille entière risque d'être exclue de la Communauté à cause de ses "péchés" et ce serait une catastrophe pour ses parents et sa soeur, qui va bientôt se marier avec un Rigoriste.

Chez les Fish and Chips, comme les appelle en secret leur beau-fils, la jeune fille est livrée à une existence austère, entre travail dans une conserverie et devoirs scolaires, sans affection ni autre attention que les injonctions religieuses. Seul Peter, le beau-fils, lui porte de l'intérêt. Mais Sarah sera piégée par le faible jeune homme. De retour en France, elle n'aura plus d'autre recours que sa tante, qui elle aussi, a fui la Communauté quand elle avait 20 ans.

 

Dans le cadre du Prix Farniente, c'est le troisième livre de la catégorie Une basket que je lis, après Un soir, j'ai divorcé de mes parents et Chasseur d'orages. Ouf, celui-ci me plaît beaucoup plus ! J'ai apprécié la manière dont l'auteur nous parle des sectes, par le point de vue de la jeune héroïne : Sarah est certes éprise de liberté, mais elle est aussi attachée à sa famille. Quand elle découvre le monde des "autres", par exemple lors de sa fugue, en allant au cinéma ou en allant prendre un chocolat chaud, elle est marquée par son éducation. Elle est bien consciente qu'elle n'a que 15 ans, et qu'elle aurait bien du mal à vivre totalement indépendante. Elle ne fonce pas tête baissée au nom d'une liberté à tout prix.

Sarah ne cesse de se questionner sur la religion, sur le monde des adultes, sur le sens des choses. Et cela est sain !

Le récit est vif, rythmé par les révoltes, les colères, les doutes de Sarah. Peut-être souffre-t-il de quelques longueurs vers la fin, une fin qui laisse la porte toujours ouverte aux parents, aux soeurs de Sarah, et... à un garçon aux allures de gros nounours et aux yeux verts. (Mais rassurez-vous, l'histoire d'amour apporte juste un peu de douceur et de piment à la fois, sans envahir le thème principal.)

 

Pascale MARET, Le monde attend derrière la porte, Editions Thierry Magnier, 2009

 

Publié dans Des Mots en Jeunesse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article