Les reliques

Publié le par Anne

 

Présentation du livre sur le site d'Actes Sud :

Le cirque les a abandonnés et la trapéziste qu'ils aimaient est morte. Hésior le magicien, Zeppo le clown et Nabaltar le soigneur de fauves échouent dans une cabane de chantier pour braver ensemble le temps qui passe et l'oubli.

 

Derrière cette belle couverture Babel (une fois de plus), se cache l'histoire de trois hommes, trois hommes de cirque, qui se sont enfoncés dans la neige, qu'on a enfoncés dans l'oubli de cette cabane entre forêt et décharge, aux confins d'un village prêt à les chasser. Trois hommes indéfectiblement liés par lemême amour, celui de Mira la trapéziste. Quand elle est morte, il n'était plus possible de rester dans la vie comme les autres.

Une histoire tissée de terre et de ciel, le ciel où Mira volait de trapèze en trapèze, la terre où ils ont enfermé le coffre avec des bribes de leur histoire avec Mira.

On pourrait croire qu'ils sont vieux et fatigués, qu'ils attendent la mort. Et pourtant, ils cherchent, à l'instar de Zeppo "quelque chose de la vie qui fait route" (cette expression m'a touchée...)

Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris de l'histoire de ces trois hommes, mais l'essentiel n'est pas là. Il faut se laisser emporter par les mots. Encore une fois, Jeanne Benameur m'a séduite par sa tendresse pour ces gens à la marge, par la douceur et l'inventivité de son écriture qui effleure les peines, trace des portraits épurés. Elle nous prend par les yeux, par le coeur, et nous emmène dans l'univers de la magie, du cirque, de la vie. "L'amour est vif."

 

"Qu'importent les lambeaux, rien ne ternit sous la terre. Qu'importe le lieu où les os de Mira oublient ce qui fut le poids de cette femme sur la terre. Ils ont leur trésor. Non, elle ne repose pas là-bas, au milieu des autres de la terre, sagement alignés dans les allées bordées de graviers. Non. Elle est avec eux. Entière. Vive. Dans l'éclat des paillettes dérobées au cirque.

Le temps n'existe pas.

La mémoire est comme la surface. Intacte.

Les yeux clos, grands ouverts ou perdus, ils sont trois carcasses à souvenir. Et peu importe comment els autres les nomment. Ils ne sont que ça. Les mois les jours les années et toutes les occupations de ce que les autres appellent la vie, qu'importe, qu'importe. Ils ont accepté. Totalement. Eux, c'est elle. C'est Mira. Et rien d'autre.

Ils ne respirent encore que parce qu'elle a vécu. Alors le reste...

Le même sourire sur leurs trois faces." (p. 50)

 

Jeanne BENAMEUR, Les reliques, Denoël, 2005 (en poche chez Babel)

 

Les avis de Clara et d'Antigone

Publié dans Des Mots français

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Commenter cet article

Theoma 31/08/2011 10:31


quelle plume que celle de Benameur !


Anne 31/08/2011 11:09



Oserais-je ? Benameur = bonheur !



Leiloona 29/08/2011 09:12


Piqûre de rappel pour moi ! Mais pourquoi ne l'ai-je pas lu, celui-ci ?


Anne 29/08/2011 11:39



Mais oui, pourquoi ?? Blague à part, il se lit très vite et a un charme très particulier.



Anis 28/08/2011 21:23


Je vois beaucoup d'articles sur Jeanne Bénameur en ce moment, les demeurées et celui-ci. Elle a donc le vent en poupe !


Anne 29/08/2011 11:35



Elle le mérite bien !



Krol 28/08/2011 13:05


Ah oui, j'avais bien aimé ce roman ! Mais que n'ai-je pas aimé de Jeanne Benameur ?


Anne 29/08/2011 11:31



Eh oui, on peut y aller les yeux presque fermés...



clara 28/08/2011 08:47


Une de mes auteures chouchous !


Anne 28/08/2011 10:46



Je vais la suivre les yeux fermés, je crois !