Metal mélodie

Publié le par Anne

Couverture de Metal melodie

 

 

Ça commence à la sortie d'un train en Espagne, le prologue nous plonge dans la chaleur de Grenade à la suite de Luce, et avec elle, nous traînons un sac dont on devine qu'il porte bien plus que le poids des bagages d'une adolescente.

Ensuite, le vrai point de départ de l'histoire, c'est cette lettre invraisemblable d'Inès, sa mère, que Luce a trouvée quelques semaines plus tôt, en rentrant d'une de ses virées rebelles : "Luce, le journal m'envoie en Australie. Quand tu liras ces lignes, je serai sans doute dans l'avion. Je déteste les séparations, tu le sais. N'aie pas de regrets, c'est sûrement mieux ainsi. J'ai tout organisé. Une somme sera versée sur ton livret jaune, le loyer est payé, les charges sont prélevées sur mon compte. A toi de gérer le reste."

Le reste, c'est d'abord la liberté dont Luce profite à fond - mais cela ne dure pas. Le reste, ce sont les questions qui jaillissent très vite, c'est l'enquête que Luce va mener pour trouver les traces  de cette mère au passé mystérieux et qui l'emmènera en Espagne.  Le reste, c'est aussi découvrir l'amour, apprendre à grandir, à trouver sa place.

 

J'ai découvert ce livre grâce aux blogueuses (lire les jolies impressions de Audouchoc, de Clarabel, de Bauchette et de Stephie). Comme je n'ai pas d'enfants, je n'ai pas réagi en "mère". J'ai trouvé le début d'une originalité et d'un culot étonnants, je me suis laissé prendre comme Luce au hasard des rencontres de soi-disant ami(e)s qui vont pourtant l'aider à prendre sa place, j'ai été scotchée par les révélations sur Inès, j'ai ressenti la chaleur, la beauté et l'énergie de Grenade, et j'ai été merveilleusement touchée par la délicatesse des personnages (et donc de l'auteur) dans le final du récit.

 

On pourrait sous-titrer ce magnifique roman "Symphonie pour mère et fille en noir et blanc".

Noir comme les yeux charbonneux et le style gothique de Luce, noir comme Gloomy ("l'obscur"), noir comme le mystère qui plane. Blanc comme la lumière qui éclaire Grenade, blanc comme la lumière qui révèle petit à petit... Luce.

Noir comme Metalmonk Funeral, blanc comme le Concerto pour clarinette de Mozart. Car la musique des uns et des autres baigne le récit de ses notes douces ou métalliques. La partition est jouée en solo par une mère et une fille qui se cherchent, s'attirent, se repoussent... sous la baguette d'un auteur au style franc, direct et chaleureux. Noir et blanc à l'image de cette couverture qui fait peut-être référence à la musique "métal" (mais je n'ai aucune culture en ce domaine !!) et qui pourra tout simplement évoquer tantôt Inès tantôt Luce, ces papillons (de nuit ?) qui déploient leurs ailes.

 

Un très, très beau livre que j'ai goûté aussi grâce à ma bibliothèque !

 

Metal Mélodie, par Maryvonne Rippert, Macadam Milan, 2009

 

 

 

Publié dans Des Mots en Jeunesse

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Catie 13/05/2011 12:19


J'ai bien aimé aussi ! ça m'a rappelé la période peut être pas noire mais au moins grise de l'adolescence de ma
fille ;o)


Anne 13/05/2011 15:48



Ce livre plaît beaucoup aux mamans, dirait-on...



Sara 17/09/2010 13:54


Moi aussi il me tente beaucoup car je ne lis que des avis positifs.


Anne 17/09/2010 15:28



N'hésite pas !