Oublie les mille et une nuits

Publié le par Anne

Oublie les mille et une nuits

 

Quatrième de couverture :

"D'origine pakistanaise, Salima est une jeune musulmane parfaitement intégrée à son pays, l'Angleterre. Au sein de sa famille et au lycée, elle a su trouver l'équilibre entre le respect des traditions et la vie moderne d'une fille de son âge. Aussi, quand ses parents lui annoncent qu'ils iront avec sa petite soeur Shazia au Pakistan, ne se doute-t-elle de rien. Son grand-père est à l'article de la mort, et une dernière visite s'impose. Mais très vite Salima va comprendre la vraie raison de ce voyage : ses parents ont décidé de la marier avec un lointain cousin, sans lui demander son avis..."

 

Je me "contente" de reprendre la présentation de l'éditeur, qui plante vraiment bien le décor où évolue Salima. Voilà une belle héroïne, à la fois coincée entre tradition et modernité, soumise à la loi du père, bien qu'elle croie au début pouvoir affirmer ses droits de femme ; si elle accepte ce mariage arrangé, elle passera sous l'autorité de son mari, évidemment. Comme la Sarah de Le monde attend derrière la porte, Salima ne fonce pas tête baissée, elle réfléchit, observe les traditions familiales, les pratiques de sa religion et prend le meilleur, tout en respectant et en aimant ses parents. Elle comprend qu'ils ne veulent que le meilleur pour elle, mais ce meilleur ne correspond pas aux valeurs modernes de la jeune fille.

"Abba (papa) n'était pas homme à se lancer dans de grandes interprétations ou des concepts compliqués. IOl avait déjà été au bout de ce qu'il pouvait exprimer par des mots. Salima sentait qu'il était sincère. Elle le regarda ; leur incompréhension n'était pas due à un manque d'amour. Et, en le regardant, elle voyait qu'il appartenait à ce pays, qui n'était pas le sien. A un monde dont elle avait peut-être hérité, mais qui n'était plus le sien. Elle savait qu'il ne la convaincrait jamais, tout comme elle n'arriverait jamais à le convaincre de respecter son refus." (p. 200)

On suit avec passion le combat de Salima, on tremble et on souffre avec elle, on hésite jusqu'au bout sur le dernier mot de l'histoire, même si parfois les événements vont un peu vite.

C'est le grand-père de Salima qui lui donne du réconfort, car le vieil homme a un regard plein de sagesse sur la vie et les coutumes :

"Salima percevait dans son regard une grande force d'intuition. Le vieil homme avait l'expérience de ce monde de hasard, de courage, de lâcheté, de ridicule et de tragédie qu'elle ne faisait que découvrir." (p. 213)

Une certaine image des hommes ne sort pas grandie de ce roman...

L'auteur, Marco Varvello, Italien, est (ou était) correspondant à Londres pour la télévision italienne. On sent qu'il veut faire passer dans son livre la variété des quartiers, des cultures présentes à Londres, et qu'il est marqué par les cas de mariages forcés, où le plus souvent, les jeunes femmes ont fini en victimes. Il est un peu bizarre qu'il compare dans son introduction la situation de ces femmes à la princesse Diana, certes malheureuse en amour à la cour d'Angleterre, mais d'une culture quand même différente...

 

Le hasard fait que la citation du jeudi de Theoma rejoint le thème de ce roman, lu dans le cadre du Prix Farniente, et que je classe aussi dans le challenge Voisins voisines de Kathel.

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Publié dans Des Mots en Jeunesse

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Noukette 18/12/2010 00:51


Je compte bien sortir ce livre de ma PAL comme tu le sais ! J'espère que ce sera une belle découverte !


Anne 18/12/2010 17:53



Comme l'a dit Manu, il y a dans la même veine, pour adultes, "Treize mers et sept rivières". Celui-ci me paraît très bien en jeunesse. Bonne lecture, je lriai avec plaisir ton avis, Noukette !



Manu 11/12/2010 19:24


J'avais noté Treize mers et sept rivières de Monica Ali, Colombo Chicago de Mary-Ann Mohanraj et Ma soeur, mon amour de Chitra-Banerjee Divakaruni. Mais je ne sais pas ce qu'ils valent !


Anne 12/12/2010 11:30



Merci, Manu ! J'ai lu Treize mers et sept rivières, effectivement, je l'avais oublié ! Reçu en cadeau, bonne pioche. Les autres, je ne connais pas, je note !



Manu 11/12/2010 13:53


Un thème qui me tente mais je lirais plus volontiers un roman adulte.


Anne 11/12/2010 14:46



As-tu des suggestions de titres ? Merci, Manu !



Sharon 11/12/2010 09:56


Merci pour ce billet. La littérature de jeunesse aborde de plus en plus des thèmes forts et rappelle aux jeunes adolescents que oui, les mariages forcés existent toujours, et pas seulement chez les
autres.


Anne 11/12/2010 14:47



Merci, Sharon. Des thèmes forts et une narration souvent efficace, recette de succès !!



Theoma 10/12/2010 14:49


Quand j'entends les chiffres des mariages forcés en France ou en Suisse, je tombe à la renverse.


Anne 10/12/2010 15:53



Merci de nous avoir rappelé de nous tenir en éveil à ce que vivent les femmes dans le monde !