Quelques mots de cinéma...

Publié le par Anne

Aujourd'hui, j'ai envie de partager quelques mots et images de cinéma.

Le 14 février, Valentin a pris les traits de Vincent Lindon, venu en avant-première à Lille (comme c'est commode d'habiter tout près !) présenter avec sa réalisatrice, Delphine Gleize, La permission de minuit.

La Permission de minuit Le film raconte l'amitié entre un médecin, David (Vincent Lindon), dermatologue et chirurgien, et Robin (Quentin Challal), un ado atteint du xero-derma, ces enfants sont communément appelés "enfants de la lune", ils doivent se protéger à tout prix des rayons ultra-violets et ne peuvent donc affronter la lumière du jour que cagoulés, couverts des pieds à la tête. Alors que David obtient enfin la promotion dont il rêvait depuis des années, il n'a pas le courage de le dire clairement au garçon qu'il soigne depuis des années. En même temps, il a du mal à céder la place à sa remplaçante, Carlotta (Emmanuelle Devos)...

Le film raconte une belle histoire d'amitié entre un homme (Vincent Lindon, toujours touchant) et un adolescent au caractère bien trempé (oserais-je dire, malgré le rôle qu'il joue, que Quentin Challal est solaire dans cette interprétation !?), il parle de grandir, d'apprendre à se détacher, de se reconstruire...

Ce qui m'a surtout intéressée, c'est la manière dont Vincent Lindon conçoit et prépare un rôle : il accepte un film s'il a une "énorme envie" de jouer un personnage. Dans ce cas, pour jouer ce médecin, il n'a pas passé son temps à observer un vrai chirurgien, à parler avec lui, il a travaillé la gestuelle, il a essayé de se mettre lui-même dans la peau du rôle, pour l'incarner véritablement, de sorte qu'il ne fasse pas de différence entre Vincent l'acteur et David le docteur. C'est ce qu'il a ressenti pendant les semaines de tournage, comme pour tous ses rôles.

 

Incarner, devenir le personnage, c'est ce que j'ai ressenti aussi en regardant Colin Firth dans le rôle du prince Albert, qui deviendra George VI, le roi qui souffrait de bégaiement et qui retrouva confiance en lui grâce aux méthodes peu orthodoxes de Lionel Logue (Geoffrey Rush) et put ainsi soutenir le peuple britannique dans la seconde guerre mondiale. Tout le monde a entendu parler de ce film, donc je ne m'étendrai pas sur ses nombreuses qualités de mise en scène, de jeu d'acteurs, de décors, de costumes... mais quand même, il est nommé 12 fois aux Oscars et Colin Firth est en train de rafler toutes les récompenses : Gloden globe, BAFTA...

J'aime vraiment beaucoup cet acteur, et je suis allée voir le film en étant prête à me pâmer devant lui. Pourtant, c'est George VI que j'ai aimé, ses combats vains contre le bégaiement, son caractère emporté, son impossibilité à communiquer, sa réserve parfois pleine de morgue. Car comme l'explique Colin à l'occasion de la présentation du film au festival de Berlin, il ne fallait pas jouer dans la compassion, mais au contraire donner de la chair à ce personnage (jouer un bègue n'était pas gagné d'avance, en effet...)

Helena Bonham-Carter et Geoffrey Rush sont également épatants dans leurs rôles. Que d'humour britannique parfois !

 

Le Discours d'un roi

 

J'ai particulièrement apprécié la musique, composée par Alexandre Desplat, qui a placé des musiques additionnelles belles et intéressantes. J'ai aimé la subtilité du mouvement lent du 5e Concerto pour piano de Beethoven, dit "L'Empereur", à la fin du film, au moment où George VI a réussi le discours radio-diffusé qui marque l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne, un entre-deux encore intime avant le salut de la famille royale à la foule, où le roi remercie son orthophoniste devenu son ami, où sa femme le félicite, où il sollicite l'avis de ses filles. Un moment d'intériorité où il devient vraiment lui-même, où il déploie ses ailes.

Une belle fin pour un film émouvant et fort.

Publié dans Des mots en images

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Cachou 20/02/2011 08:41


Oh, zut, j'ai complètement loupé l'info sur Lindon. C'est dommage, ma mère l'adore, ça l'aurait certainement amusée d'y aller. Tant pis...


Anne 20/02/2011 15:16



Il est craquant, David-Vincent ;-)



Kathel 19/02/2011 08:48


Merci pour ces chroniques ciné qui me donnent envie de retourner vers les salles obscures après une période télé-canapé !


Anne 20/02/2011 15:15



Cela faisait longtemps que je n'y étais allée deux fois en une semaine ! On parle beaucoup de Black Swann aussi, mais il ne m'attire pas vraiment. Il y a aussi le petit conseil de Richard...



Richard 18/02/2011 20:12


Tu verras ...
C'est une histoire extraordinaire !!!


Anne 20/02/2011 15:12



Je vais essayer d'aller le voir. Mais tant de lectures m'attendent !!



RichardMerci 18/02/2011 19:56


Si tu es une passionnée du cinéma, je te conseille le film du Québécois Denis Villeneuve, "Incendies". Il est en nomination pour le meilleur film étranger aux Oscars !!!
Tu ne le regretteras pas !
Bon cinéma !


Anne 18/02/2011 20:10



J'ai vu qu'il passe à Lille aussi ! (Ca va plus vite qu'au Royaume de Belgique !!) J'essayerai d'aller le voir si tu le conseilles. Je ne suis pas passionnée, passionnée, mais j'aime bien, tout
simplement.