Sous les bruyères

Publié le par Anne

couverture

 

C'est le printemps, imaginez-vous la lande d'Exmoor et ses bruyères toutes fleuries, une petite brise légère qui vous caresse le visage, les enfants qui jouent innocemment...

Vous n'y êtes pas du tout. "Exmoor, ses fougères sales, ses herbes rêches, sans couleur, ses ajoncs piquants, et la bruyère de l'an passé, si noire qu'on croirait le paysage ravagé par un feu humide qui aurait emporté les arbres, laissant la lande glacée, exposée solitaire à l'hiver, sans protection. L'horizon se dissout dans le crachin, qui mêle ciel et terre en un cocon de coton gris, dont seule émerge une silhouette : un garçon d'une douzaine d'années, nu-tête, vêtu d'un pantalon imperméable noir, luisant de pluie, et affublé d'une bêche."

Voilà le tableau d'entrée de Sous les bruyères. Le garçon, c'est Steven Lamb, de Shipcott, un gamin issu "de cette carapace de douleur, de ressentiment et de pauvreté" qui marque sa famille. Pour sortir de cette carapace, pour rendre un semblant de sourire à sa grand-mère et à sa mère, il s'est mis en tête de creuser la lande pour retrouver le corps de son oncle Billy, tué des années plus tôt après avoir été enlevé. Steven, qui a maintenant l'âge de son oncle au moment de son assassinat, décide d'écrire dans sa prison à Arnold Avery, un pédophile tueur d'enfants. Il lui envoie une lettre suffisamment intelligente pour passer la censure et savoir si son oncle est tombé dans les mains d'Avery. Le "jeu" passionne tout de suite le criminel...

 

Ce n'est pas du tout une lecture de printemps que nous propose Belinda Bauer, même si le livre s'achève à la belle saison. L'auteur a d'abord travaillé comme journaliste et a ensuite écrit des scénarios. Sous les bruyères est un premier roman adapté d'un de ses scénarios. Et pour un premier opus, il faut reconnaître le brio, l'intelligence, l'efficacité de cet auteur !

En quelque 300 pages, Belinda Bauer nous promène sur la lande d'Exmoor, à la suite de Steven, un gamin intelligent, opiniâtre, courageux, inventif et mal aimé, et dans le quartier protégé d'une prison, dans la tête d'un dangereux pédophile. Les lettres que s'échangent Avery et Steven deviennent les pièces d'un puzzle  qui se met implacablement en place sous nos yeux. On a envie de crier à Steven : "Cesse de jouer avec le feu !", à sa mère : "Mais occupe-toi un peu de ton gamin !" La lande d'Exmoor devient un lieu dangereux et fascinant.

Belinda Bauer fabrique ce puzzle avec maîtrise, dans une précision toute photographique, on la sent inspirée du cinéma pour éviter les longueurs, nous faire ressentir les ambiances, les odeurs, la pluie, la misère, mettre en scène les moments musclés du livre.

C'est noir, réaliste, original ! J'espère que ce livre ne restera pas un coup d'essai.

 

Un tout grand merci aux éditions 10/18 et au forum Partage Lectures pour ce partenariat !

 

Belinda BAUER, Sous les bruyères, 10/18, 2011

 

Un livre parfait pour le challenge de littérature anglaise d'Antoni Challenge-anglais.jpg

 

et pour le challenge de Kathel voisins1.jpg

Publié dans Des Mots britanniques

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Commenter cet article

nanet 13/05/2011 12:01


Autant le résumé ma plait bien, autant ce que tu en dis me laisse pantoise. A voir.


Anne 13/05/2011 15:42



Ah bon ? J'ai bien aimé, j'espère que cela se sent ?



zarline 20/04/2011 12:13


Je lis les thrillers au compte-goutte mais celui-ci me tente bien si il est bien mené. Je note aussi pour ma prochaine phase polar.


Anne 21/04/2011 13:04



Court et bon, à noter !



vilvirt 17/04/2011 14:50


Un livre repéré il y a quelques semaines et qui me tente encore plus grâce à ce billet !


Anne 18/04/2011 10:44



Tant mieux ! Il est vraiment bien si on accepte de plonger dans cet univers.



mango 17/04/2011 09:07


Rien qu'à te lire et j'ai déjà peur! Ce livre me tente bien!


Anne 17/04/2011 12:36



N'hésite pas, Mango !



Anis 16/04/2011 23:45


Tu as réussi à me donner quelques frissons. Brrrrrrh....
On imagine fort bien les embûches et les pièges....


Anne 17/04/2011 12:36



C'est extrêmement bien mené !