Sukkwan Island

Publié le par Anne

 

Jim a emmené son fils Roy, treize ans, vivre une année sur une île isolée du Sud-Est de l'Alaska, Sukkwan Island, accessible uniquement par la mer. Roy a quitté sa mère, divorcée du père, et sa soeur, il a accepté de partir avec ce père presque inconnu, pressentant confusément qu'il l'aiderait ainsi à régler ses problèmes. L'île est sauvage, les deux "aventuriers" travaillent dur pour préparer l'hiver, stocker de la nourriture, rentrer du bois, s'isoler du froid... La vie est dure et Jim n'est visiblement pas à même d'affronter toutes les difficultés... La nuit, étrangement, il pleure... Le garçon se sent de moins en moins en sécurité, la tension monte jusqu'au jour où un drame affreux change leur vie irrémédiablement...

 

Je ne peux pas en dire plus, c'est même déjà bien suffisant ! J'avais vu plusieurs fois ce titre sur les blogs, il était à la bibliothèque... J'ai du mal à en parler, je ne peux qu'énumérer mes sentiments à la lecture : dans la première partie, où tout est dit sous le point de vue de Roy, angoisse, sentiment d'oppression, et en même temps j'étais scotchée au livre ! Je n'avais jamais lu de "nature writing" et cela ne m'a pas déplu. J'ai ensuite pris une pause de quelques heures avant d'affronter la seconde partie, plus courte, où nous suivons plutôt Jim. Et j'étais abasourdie, en colère, j'avais l'impression que la claque prise avant la pause me cuisait davantage encore !

Un livre aux limites de l'irresponsabilité, de la folie. Je me suis demandé quels fantômes intérieurs avaient nourri chez l'auteur l'écriture de ce roman coup de poing. Je suis curieuse de voir son deuxième mais je ne suis pas sûre que je le lirai...

 

"Ils partirent en direction de la crête, de nouveau exposés au vent. Roy luttait pour rester à la hauteur de son père et ne pas être séparé de lui. Il savait que s'il le perdait de vue l'espace d'une minute, son père ne l'entendrait pas crier, qu'il s'égarerait et ne retrouverait  jamais le chemin de la cabane. Observant l'ombre noire qui bougeait devant lui, il prit conscience que c'était l'impression qu'il avait depuis trop longtemps ; que son père était une forme immatérielle et que s'il détournait le regard un instant, s'il l'oubliait ou ne marchait pas à sa vitesse, s'il n'avait pas la volonté de l'avoir là à ses côtés, alors son père disparaîtrait, comme si sa présence ne tenait qu'à la seule volonté de Roy. Roy était de plus en plus effrayé et fatigué, il avait le sentiment de ne plus pouvoir continuer et il commença à s'apitoyer sur son sort, à se répéter : Je ne peux plus supporter ça." (p. 100)

 

David VANN, Sukkwan Island, Éditions Gallmeister, 2010

 

Theoma (une bosseuse du blog !) a recensé tous les billets sur ce livre.

Et une case Lieu pour le Petit Bac laurier_couronne_fdb39

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Jeneen 10/05/2011 23:47


coucou,
Contente de lire ce billet, ce livre est un de ceux qui m'a le plus marquée (plu, dérangée, enthousiasmée, effrayée, perturbée, émue,...bref !!!) et je ne cesse de le prêter ; j'ai fait des
recherches sur l'auteur et écouté des interviews (tu vois, ça m'a marquée !!!) et en parlerai sur Ed-en ! J'ai acheté le suivant ("Caribou Island"), il est dans ma PAL ! Je te dirai !!!!
bonne continuation et à bientôt


Anne 11/05/2011 00:01



Je ne sais pas si j'ai envie de lire ce nouveau titre... j'ai quand même une petite appréhension après le coup de poing à Sukkwan Island !



Reveline 03/02/2011 16:35


Bonjour,

Votre rejoint un peu la mienne dans les grandes lignes mais hélas j'ai apparemment moins apprécié cette lecture que vous.


Anne 03/02/2011 19:07



C'est un roman coup de poing qui a frappé de nombreux lecteurs et lectrices, je viens de lire votre (ta ? on se tutoie souvent sur les blogs et ça ne me pose aucun problème) critique, que j'ai
trouvée très argumentée, logique, bref intéressante !



keisha 25/01/2011 08:38


Je n'ai pas fait de pause entre les deux parties, mais après l'avoir terminé, j'ai vitecommencé un livre moins fort, sinon j'aurais u du mal à dormir! (petite nature je suis?)


Anne 25/01/2011 10:30



J'ai réagi comme toi. J'ai ouvert Ru de Kim Thuy, 141 pages seulement, et je le déguste pour le bonheur de l'écriture, la délicatesse des sentiments (et pourtant elle ne manque pas de
luncidité et évoque le sujet difficile de l'exil). Billet à venir !



Karine :) 24/01/2011 16:27


Il m'a fait tout un effet ce livre. Aimé, je ne sais pas, mais il m'a donné un gros coup de poing. J'en ai rêvé. Et j'ai ragé!


Anne 24/01/2011 18:34



Je reconnais bien là tes passions, Karine :) Du dégoût, de la colère, de la honte... tous ces sentiments se sont bousculés en moi.



Ellcrys 24/01/2011 10:02


Je me le suis offert récemment, j'ai donc hâte de m'y plonger. J'attends beaucoup de ce livre et ton avis m'intrigue !


Anne 24/01/2011 11:04



Le livre est sorti il y a un an, je crois, et suscite encore autant de réactions. Il se lit vite !