Un article de Nadège : La chorale des maîtres bouchers, de Louise Erdrich

Publié le par Anne

Je suis particulièrement heureuse d'héberger ce billet de Nadège, sur un livre que j'ai lu bien avantle blog et beaucoup amé. Elle l'a lu dans le cadre du challenge Des notes et des mots. N'hésitez pas à lui donner votre avis, à laisser un commentaire !

  La Chorale des maîtres bouchers

 

1918. Fidelis, jeune soldat allemand rentre de la guerre. Celle-ci lui a enlevé son meilleur ami, Joahnnes, et Fidelis se voit chargé de la douloureuse mission de porter cette annonce à la fiancée du défunt, Eva. La jeune femme est enceinte et Fidelis, honorant la promesse fait à son ami, l’épouse. Mariage de devoir n’empêche pourtant pas l’amour. Et Fidelis et Eva s’aimeront profondément. Ensemble, ils s’exileront en Amérique : Fidélis partant en éclaireur avant de faire venir Eva et Franz, son fils. Fidelis, fils d’un boucher allemand, établira sa propre boutique dans la petite bourgade d’Argus ; Eva l’aidera à faire prospérer le commerce tout en élevant leur famille agrandie par trois autres fils. En outre, Fidelis décide de recréer à Argus la Chorale des maîtres bouchers de son village natale, chorale qui réunira les hommes d’Argus, aux personnalités hétéroclites, autour d’un projet commun.

En parallèle, un autre couple : Delphine et Cyprian. Delphine est originaire d’Argus, elle est la fille de Roy Watzka, l’ivrogne de la ville. Dès qu’elle a pu, Delphine a fui. Elle rêvait de théâtre, de costumes, de tournées ; elle se retrouve femme-table dans le numéro de son compagnon équilibriste, Cyprian. Compagnon, pas amant. En effet, Cyprian garde un secret bien lourd à porter dans les années 20. Delphine et Cyprian errent sur les routes jusqu’à qu’ils se retrouvent un jour à Argus. Et c’est là que le récit commence !

Les histoires sont multiples dans ce récit, elles s’entrecroisent, se mélangent, se regardent parfois en chien de faïence. A son retour, Delphine se rend chez son père et découvre qu’il vit dans une véritable porcherie faite de vomi, d’excrément… Une puanteur insoutenable se dégage de la baraque. Et, pour cause, en déblayant et nettoyant le « logis » du vieil homme, Cyprian et Delphine font une bien macabre découverte : non pas un, mais trois cadavres dans la cave (un couple et leur enfant). Roy est stupéfait, il a beau être saoul du matin au soir, il est certain de n’être pour rien dans cette histoire. Commence alors une enquête, menée par le shérif d’Argus, Hock… Les pistes se succèdent, mais le mystère reste entier… longtemps…

Par ailleurs, Delphine rencontre Eva. Elle commence à travailler dans l’établissement et les deux femmes se lient d’amitié. Delphine est heureuse enfin. Mais, un jour, Eva tombe malade, un cancer. Delphine accompagnera son amie, s’occupera de ses fils, jusqu’au bout. Lorsque la mort survient, c’est l’effroi, le vide pour Delphine, pour Fidelis, pour les enfants. Comme vivre après cela ? Comment, pour Delphine, trouver sa place dans une famille à laquelle elle tient, mais dont le lien qui l’y rattachait a disparu ? Comment, pour Fidelis, s’opposer à la tradition et à la famille en s’élevant contre sa propre sœur, incapable de s’occuper d’une maison et de quatre enfants, comment demander à Delphine de revenir ? Comment vivre sans une mère ? Comment avouer ses faiblesses, que l’on soit homme, femme, enfant ? Comment lutter contre ses démons ? 

Peu à peu, la vie reprend. Mais, la vie est un éternel recommencement… Et après un temps de répit, l’Histoire refait irruption dans les petites histoires individuelles : la guerre éclate. A nouveau. Reviennent la peur, la mort, les amants séparés, les enfants dans les ventres, orphelins en puissance…

Ce roman est un véritable coup de cœur. Parce qu’en racontant la vie en apparence ordinaire de gens ordinaires, Louise Erdrich tend à nous raconter simplement des émotions universelles en nous proposant sous différents angles des thèmes aussi divers et essentiels que la mort, le deuil, la maladie, la paternité et la maternité – qu’elles soient de sang ou de cœur –, l’amour – d’enfance, le premier, partagé, le second, l’impossible, l’interdit –, la guerre, le désespoir, l’alcoolisme, la perte de contrôle, la fuite face à la réalité…  

 

Louise ERDRICH, La chorale des maîtres bouchers, Albin Michel,

 

Publié dans Les Mots de Nadège

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Nadège 06/03/2012 19:05

Que de commentaires, merci !

patacaisse 06/03/2012 16:23

J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Ce livre est d'une grande humanité, je trouve.

Anis 03/03/2012 22:12

J'aurais très envie de le lire également.

Anne 03/03/2012 22:22



Alors fais-toi plaisir ;-)



Géraldine 01/03/2012 19:00

J'ai un autre livre de cette auteure dans ma PAL depuis 3 ans ! Et je suis ferme, malgré les tentations, pas d'autres livres d'un auteur qui est déjà dans ma PAL tant que ce livre n'est pas lu !

Anne 01/03/2012 19:39



(Nadège, je me permets !!) Petite joueuse, Géraldine :)



Giovinetta 29/02/2012 20:16

ouh là là, un peu lourd non ? mais bien attirante cette saga...
JE note !

et bien sûr, mon billet sur Jean-Marie Leclair vaut pour le challenge, avec sigle,... aurais-je oublié de mettre le lien vers ce site ? mais c'est bien bien sûr...!

Anne 29/02/2012 20:31



Je réponds à la partie qui me concerne. Ma question sous-entendue était : est-ce un billet sur le musicien ou un billet sur le livre "L'assassinat de Leclair" ? Ce n'était pas si évident que
ça à deviner sur le billet ;-) (Et quand même, je me permts : c'est un très beau livre, La chorale des maîtres bouchers !)