Un billet de Nadège : La musique d'une vie, d'Andreï Makine

Publié le par Anne

Voici un billet de Nadège, que je publie pour elle dans le cadre du challenge Des notes et des mots. N'hésitez pas à lui laisser des commentaires ! (Je ne suis pas sûre d'avoir trovué la couverture dont elle parle dans son billet... désolée !)

 

 

La Musique d’une vie

Plus d’un mois que je sèche sur l’écriture de ce billet consacré à La musique d’une vie d’Andreï Makine. Depuis lors, je me suis nourrie d’autres pages et je n’ai pas le courage de relire les notes de lecture que j’ai prise à l’époque. Alors, je vais vous parler des sensations et des images qu’il me reste un mois après la lecture de ce petit ouvrage. Tout d’abord la couverture. Celle de mon exemplaire est à dominante rouge, on y devine un pianiste, les mains et le clavier sont bien visibles, mais le visage est masqué d’une tache qui semble être de sang. Une couverture emplie de mystère. Bonne entrée en matière.Ensuite, un train. En retard. Une gare. Le froid. Moscou. Un homme. La musique.Un pianiste. Une rencontre. Une histoire. Une vie, un destin, brisée, dévié. La guerre. La souffrance. La mort. La vraie, la figurée. Un mensonge. La survie.Voilà en quelques touches ce qu’il me reste de ce livre. Et le rappel en sourdine qu’un rien peut changer une vie. Une guerre qui éclate, un regard qui vous reconnaît, un train en retard…

 

Deux extraits, deux souvenirs… L’un avant que tout bascule… L’autre après…

 

« Pour changer de sujet, je me mets à maudire le temps, les retards qui me font manquer, à Moscou, ma correspondance.Nous préparons notre dîner : des œufs durs que je tire de mon sac, le pain qu'il dit avoir dans sa valise. Il sort un paquet, le défait. Une demi-miche de pain noir. Mais c’est l’emballage qui attire mon regard – des feuillesfroissées de vieilles partitions. Il lève les yeux sur moi, puis se met à lisser les pages avec le rude tranchant de sa main. Ses paroles n’ont plus le ton d’un promeneur sentimental, comme tout à l’heure. Pourtant, il parle toujours des mêmes ruelles moscovites et d’un jeune homme (« Je me croyais alors le plus heureux du monde », dit-il avec une amertume souriante), un jeune homme portant une chemise claire trempée par une averse de mai, un jeune homme qui s’arrête devant une affiche et, le cœur battant, lit son nom : Alexeï Berg. » (p. 33-34)

 

« Il vivait cet amour au passé, entraîné vers les années de grande peur où il ne rencontrait que les masques au longnez, ces trois années durant sa jeunesse où il aurait dû vivre exactement ce qui arrivait aujourd’hui : cette rencontre avec une jeune fille de son âge, un premier amour. Il avait vingt-sept ans à présent. La jeune fille au piano rendait cette question d’âge sans objet car il se sentait en dehors du flux habituel des jours, dans un temps dédoublé, dans une rêverie qui lui laissait revivre ces trois dernières années passées au milieu des masques.

Parfois, il s’éveillait, observait sa vie comme par-delà la rampe d’un escalier, éprouvait un vertige : tant de vivants et de morts le séparaient de la jeune fille au piano. Il serrait ses poings, ces doigts puissants, marqués de cicatrices, se souvenaient que ces mains avaient tué, avaient appris à manier avec assurance la chair féminine […] A ce souvenir, il se disait qu’il aurait mieux valu rester dans la voiture, ne pas accepter l’invitation du général… » (p. 98-99)

 

challenge Des notes et des mots 4

Publié dans Les Mots de Nadège

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Nadège 31/08/2011 20:16


Oui, c'est bien cette couverture :-)


Minou 29/08/2011 22:19


Je crois que la couverture doit être celle-ci: http://www.laprocure.com/livres/andrei-makine/la-musique-une-vie_9782020542852.html (en tout cas, j'ai tout de suite à ma propre édition en lisant la
description de Nadège) Je n'ai pas gardé un souvenir aussi "marquant" de ce livre... J'espère que le challenge et la relecture de ce livre feront changer cela, sait-on jamais. Le billet m'en a
donné envie en tout cas.


Nadège 20/08/2011 10:19


Eh bien, Anne, je dois bien avouer que l'idée de créer un blog m'a titillée depuis que j'ai commencé ton challenge. Mais je suis très occupée par ailleurs et je ne pense pas avoir le temps pour
m'atteler à ça, d'autant que d'ici quelques semaines, je n'aurai plus de connexion régulière...

Mais qui sait... un jour, peut-être... ? ;-)


Anne 20/08/2011 16:49



Attention, quand on tombe dans la soupe, on n'a plus envie d'en sortir ;-) Dommage pour ta connexion, mais oui, un jour... si tu te décides, préviens-nous !



antigone 17/08/2011 20:28


Merci Nadège !! Que dire ?! Je suis touchée... et merci à toi Anne pour ta prévenance... ;)


Anne 17/08/2011 21:43



Coucou, Antigone ! Avec plaisir...



Nadège 17/08/2011 19:09


Merci à vous pour vos commentaires :-)

Antigone, j'ai découvert ton blog il y a peu. Je pensais grappiller quelques billets par-ci par-là... et j'ai fait les pages une par une sans pouvoir m'arrêter ! Et tes propres écrits me touchent
énormément ! Vraiment très beau.


Anne 17/08/2011 19:21



Nadège, ne songerais-tu pas à ouvrir un blog ? Si le bonheur de tous ces partages de lecture te tente... Je suis contente que tu aies découvert le blog d'Antigone, je l'aime beaucoup
aussi !! Je lui ai signalé ton commentaire, elle reviendra peut-être ici te répondre.