Un billet de Nadège : Mélodie du temps ordinaire

Publié le par Anne

Mélodie du temps ordinaire

 

Mélodie du temps ordinaire n’a pas vraiment – même pas du tout – la musique comme thème principal. L’histoire est plutôt celle d’un ver s’insinuant dans la pomme déjà bien pourrie qu’est la vie de Marie. Marie a à peine 18 ans quand elle épouse Sam Fermoyle, alcoolique notoire, et donne naissance à leur premier enfant, une fille prénommée Alice. Deux fils (Norm et Benjy) et un divorce plus tard, Marie mène sa vie cahin-caha, se démenant comme elle peut pour nourrir ses enfants et payer leurs études : Alice entre à l’université à la fin de l’été. Sam  va de scandales en cures et de cures en scandales. Ses enfants ont honte de lui, souffrent du fardeau qu’il fait porter sur leur dos. Le fardeau de la tare originelle, du vice héréditaire, des a priori et du jugement hâtif, des moqueries humiliantes.

C’est dans ce quotidien loin d’être rose que débarque Omar Duvall. Beau parleur, il convainc Marie, vulnérable à la moindre illusion d’amour, de l’héberger d’abord, de lui acheter une franchise pour vendre les savons Presto Soap dont il ne doute pas du succès rapide ensuite. Pour acheter cette franchise, Marie contracte un prêt qu’elle ne peut pas se permettre. Malgré les contradictions de Duvall, malgré les mises en gardes de ses enfants, elle continue à croire cet homme, son salut, sa lueur d’espoir.

Seul Benjy connaît la vérité sur cet homme. Et pourtant, pour voir une lueur de bonheur dans les yeux de sa mère, il est prêt à modeler ses souvenirs, à effacer les images de sa mémoire… Il refuse même d’écouter son frère quand celui-ci veut lui prouver la fausseté de leur hôte. Jusqu’au jour où…

Ce livre est difficile à résumer : plus de mille pages, c’est dense ! Il renferme évidemment bien plus que les quelques bribes que j’ai pu vous soumettre ci-dessus. Le quotidien d’une banlieue américaine des années 60, la misère, les espérances, les (dés)illusions, les rumeurs, les vices, le manque d’amour, l’amour interdit, impossible, la difficulté de grandir, l’envie d’être heureux, la peur et / ou le mépris de l’autre (le voisin, le parent, le Noir, le Blanc, le riche, le pauvre, l’enthousiaste, le marginal, l’étranger…), la difficulté de trouver de l’aide ou de l’accepter, le mensonge, les promesses souvent non tenues, l’espoir quand même…

Mary McGARRY MORRIS, Mélodie du temps ordinaire, 10/18, 2005

 

Un livre lu par Nadège dans le cadre du challenge challenge Des notes et des mots 4

Publié dans Les Mots de Nadège

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Nadège 04/11/2011 13:23


Merci beaucoup pour vos messages !


Anis 03/11/2011 21:53


Parfois je me demande quelles sont les raisons qui poussent ces femmes à choisir aussi bien leurs bourreaux, cela agacerait presque. Mais je sais que bien spur, les raisons ne sont pas de la
Raison, mais qu'elles sont enracinées au fond de l'être, du devenir, de l'enfance et des blessures. Merci pour ce beau billet.


DENIS 03/11/2011 18:49


un livre qui semble passionnant de par son thème