Un dimanche en poésie (18)

Publié le par Anne

Après quelques dimanches de pause, voici aujourd'hui quelques lignessur la création poétique écrites par Andrée Chedid, décédée  il y a quelques semaines.

 

SI JE NE PARLE QU'AU PRESENT

 

Avec ce qui est là

J'édifie mon langage

Et les mots me délivrent

Des souffles de l'après.

Je ne parle qu'au présent

Mais toutes les voies sont miennes,

Eventail souterrain

Dont je devine l'accès.

 

J'ai vécu chaque parole

Avant qu'elle ne soit dite.

J'ai traversé chaque mot

Avant d'être traversé.

 

Je me tiens dans l'instant

Des silences m'abritent

Cités, que multiplie

L'eau confuse du passé.

 

Si je ne vais pas,

Mon champ se mourra-t-il ?

Et si je vais,

Où m'arrêterais-je ?

 

Andrée CHEDID, Seul le visage, éd. G.L.M., 1960

 

Les dimanches en poésie : tous les participants chez Bookworm

Publié dans Des Mots en Poésie

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Pascale de mot à mot 20/02/2011 18:55


ce fut une très grande poétesse, et même si on présageait sa fin, l'idée de son départ définitif, nous était cruel; poétesse que j'admire que j'apprécie, sa poésie est mienne, j'adhère tout à fait
à son langage et sa plume m'enchante. Merci de l'avoir mis à l'honneur en ce dimanche.


Anne 20/02/2011 21:44



C'était l'occasion de la relire, de fouiller mes anthologies. Merci à toi aussi, Pascale !



sophie57 20/02/2011 17:41


savais-tu qu'Andrée Chédid souffrait de la maladie d'Alzheimer? cruelle fin de vie pour une intellectuelle comme elle...


Anne 20/02/2011 21:43



Eh bien non, je l'apprends ! En effet, cela doit être terrible pour soi et son entourage (puisque son fils et son petit-fils sont connus aussi...)