Un dimanche en poésie (27)

Publié le par Anne

Aujourd'hui, un poème de Rimbaud, que je ne connaissais absolument pas, découovert sur le site poetica.fr 

Bannières de mai


Aux branches claires des tilleuls
Meurt un maladif hallali.
Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.
Que notre sang rie en nos veines,
Voici s’enchevêtrer les vignes.
Le ciel est joli comme un ange.
L’azur et l’onde communient.
Je sors. Si un rayon me blesse
Je succomberai sur la mousse.

Qu’on patiente et qu’on s’ennuie
C’est trop simple. Fi de mes peines.
je veux que l’été dramatique
Me lie à son char de fortunes
Que par toi beaucoup, ô Nature,
- Ah moins seul et moins nul ! - je meure.
Au lieu que les Bergers, c’est drôle,
Meurent à peu près par le monde.

Je veux bien que les saisons m’usent.
A toi, Nature, je me rends ;
Et ma faim et toute ma soif.
Et, s’il te plaît, nourris, abreuve.
Rien de rien ne m’illusionne ;
C’est rire aux parents, qu’au soleil,
Mais moi je ne veux rire à rien ;
Et libre soit cette infortune.

Arthur Rimbaud, Derniers vers

Publié dans Des Mots en Poésie

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Aymeline 24/06/2011 21:08


Très beau poème ! Je note l'adresse du site :)


Anne 25/06/2011 17:47



On trouve de tout sur internet, certains sites avec qui on se trouve des affinités...



Aifelle 17/05/2011 14:20


C'est une mine d'or ce site, merci. Il y en avait un du même genre qui a disparu il y a à peu près un an et qui me manquait beaucoup. Celui-ci va pouvoir remplacer.


Anne 18/05/2011 19:59



Tant mieux !