Un dimanche en poésie

Publié le par Anne

Aujourd'hui, clin d'oeil à la citation de Jérôme Savary de jeudi dernier : voici un poème de Boris Vian, extrait du petit livre Je voudrais pas crever, paru en 10/18. Textes marqués par les blessures et la poésie du quotidien, les écorchures et les douceurs de l'amour, et "un certain goût pour la mort" (j'emprunte l'expression à un titre de P.D. James).

 

Y A DU SOLEIL DANS LA RUE

 

Y a du soleil dans la rue

J'aime le soleil mais j'aime pas la rue

Alors je reste chez moi

En attendant que le monde vienne

Avec ses tours dorées

Et ses cascades blanches

Avec ses voix de larmes

Et les chansons des gens qui sont gais

Ou qui sont payés pour chanter

Et le soir il vient un moment

Où la rue devient autre chose

Et dsiparaît sous le plumage

De la nuit pleine de peut-être

Et des rêves de ceux qui sont morts

Alors je descends dans la rue

Elle s'étend là-bas jusqu'à l'aube

Une fumée s'étire tout près

Et je marche au milieu de l'eau sèche

De l'eau rêche de la nuit fraîche

Le soleil reviendra bientôt.

Publié dans Des Mots en Poésie

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bookworm 02/10/2010 21:14


Je ne connaissais pas.


Anne 03/10/2010 12:23



Ah, Boris Vian, artiste très éclectique, poète, romancier, musicien de jazz, écorché vif, mort à 39 ans. A découvrir ! Il faut lire "L'écume des jours", un classique !



Lystig 26/09/2010 21:49


pourquoi sortir ?
le soleil vient à domicile !


Anne 27/09/2010 11:45



As you like it, Lystig !