Jeudi 10 mai 2012
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Quatrième de couverture :
C’est parce que nous sommes nombreux à souffrir votre règne, Sire, que j’ai entrepris de le raconter, afin qu’en demeurent les péripéties et, oserais-je le dire, une manière de trace. La
plume m’en tremble entre les doigts, mais Votre Compulsive Grandeur doit comprendre que, selon les lois de la nature et celles de la politique, la pluie succède au beau temps. Voici venue pour
Votre Omnipotence la saison des orages. P. R.
Bon, vous avez le droit de me lancer des tomates (mais pas trop pourries, s'il vous plaît), et pour plusieurs raisons : parce que Patrick Rambaud a publié sa cinquième (et dernière) chronique (il
doit être soulagé de pouvoir se consacrer à autre chose), et parce que je suis bien en retard et bien gonflée d'avoir sorti ce livre de ma PAL juste avant le second tour de l'élection
présidentielle. Evidemment, si je lis ces chroniques, si j'ai bien l'intention de lire les suivantes, c'est que je suis assez d'accord avec l'auteur, je déguste littéralement sa critique de celui
qu'il présente comme un mini-Napoléon inculte et versatile, attiré par tout ce qui brille (et qui est de l'or) et qui a fait de l'adage "Diviser pour régner" sa devise préférée.
Vous avez parfaitement le droit de me dire que ma nationalité belge devrait me tenir à l'écart de cette polémique. Mais je vous répondrai que les Belges francophones (et beaucoup moins les
Flamands, si on en croit la presse) se passionnent quand même aussi pour l'élection présidentielle française et que j'assume complètement mon antipathie profonde envers Nicolas Sarkozy.
Je vous répondrai aussi que, dans les écrits de Patrick Rambaud, je goûte bien sûr la critique, acerbe, féroce, vacharde en diable, mais aussi son humour fin et observateur, et
peut-être plus encore sa plume, son style qui, vous le savez sûrement déjà, fait penser aux écrits de Saint-Simon, Montesquieu et aux Caractères de La Bruyère. Patrick Rambaud a l'art de
trousser un portrait, par exemple la Comtesse Bruni, ou M. Benoit XVI, de raconter l'origine des "courtisans" (comme le Baron Bertrand, qui joue ici un grand rôle dans la politique de
Nicolas Ier). Quand il veut critiquer telle ou telle attitude de "Notre Très Emoustillant Souverain", il fait le lien avec d'autres faits historiques, d'autres observations d'écrivains
classiques, nous montrant ainsi une culture livresque et historique qui semble faire cruellement défaut à son sujet d'étude.
Ah, quel bonheur de voir un écrivain maniant si bien le vocabulaire et le subjonctif imparfait !
Cerise sur le gâteau, je souris sans cesse à découvrir les nombreux qualificatifs écrits avec force majuscules, adaptés aux nombreuses circonstances de la vie publique et privée de Nicolas,
dit Premier : "Notre Monarque Maximum", "Notre Guide Emporté", "Notre Bondissant Leader" pour n'en citer que quelques-uns.
Tout cela me fait rire et sourire, et ne trahit sans doute que mon intérêt profond pour la France, ses habitants et sa culture ! Et j'espère n'avoir choqué personne (ou pas trop) en
publiant ce billet...
Patrick RAMBAUD, Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier, Grasset et Fasquelle, 2008 (et aussi au Livre de poche)
Et un livre de ma PAL en moins !
Et au fait, je peux l'intégrer dans le challenge
d'Enna, catégorie Personnes célèbres ?
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