La Reine et moi

Publié le par Anne

La Reine et moi de Sue Townsend

 

Quatrième de couverture :

En Angleterre, les Républicains gagnent les élections. Première mesure : abolir la monarchie. La famille Windsor est immédiatement expulsée de Buckingham. Shocking ! Pour apprendre à vivre avec le peuple, ils sont relogés dans un quartier misérable de Londres. Le royal cauchemar commence : la reine fait la cuisine et le ménage, le prince Philippe reste au lit, Diana économise et Charles se bagarre…

 

En cette veille de Rentrée littéraire, je vous présente une relecture de vacances !

J'ai lu ce livre (prêté par une copine) il y a un certain temps et mon anglophilie (parfois absurde et compulsive) m'a fait me jeter dessus quand je l'ai vu sur une table au Furet du Nord. Je l'ai donc relu ces vacances. Et ma foi, j'ai retrouvé à peu près les mêmes sensations que dans mon souvenir.

La situation de départ est franchement piquante, et tout à fait burlesque : Elisabeth chassée de Buckingham, avec mari et famille entière ! Par chance pour la famille royale et pour la romancière (ça fait un peu moins de personnages), Andrew et Edward sont absents et ne doivent donc pas déménager eux aussi à Hellebore Close, Cité des Fleurs, dont les garnements ont tellement raclé les lettres (à moins que ce soit l'incurie générale d'avant ??) que la Queen se retrouve dans une petite maison à "Hell Close". Les tapis d'Aubusson doivent être découpés pour prendre place dans la petite maison sordide qu'on lui a attribuée, Diana ne sait où ranger ses dizaines de paires de chaussures, Philip sombre dans la dépression, William et Harry deviennent de vrais petits voyous tandis que la Reine-Mère s'enfonce dans le grand âge. Bref, c'est un vrai cauchemar ! Autour d'eux gravitent des personnages pas piqués des vers non plus, habitants de la Cité des Fleurs, tous plus ou moins victimes de programmes sociaux qui les ont petit à petit laissés sur le carreau.

Sue Townsend y va à la grosse louche dans ce roman : tous les clichés sur la famille royale (qui ont peut-être un fond de vérité, bien sûr) y passent, comme le Prince Charles mal aimé par sa mère, le côté cheval de la Princesse Ann, Diana prête à céder aux charmes du premier venu pourvu qu'il ait une belle voiture, et j'en passe.

Ce n'est certes pas de l'humour à la Nancy Mitford, plutôt du Benny Hill ou du Rowan Atkinson, mais ce n'est pas désagréable, ça fait partie de l'humour anglais aussi !

N'oublions pas que le roman a été publié en anglais en 1992. Et tout compte fait, même si les traits sont forcés aussi pour le "petit peuple", il faut reconnaître que la romancière appuie là où ça fait mal en matière de justice sociale à l'anglaise (une certaine vision héritée des années 80, si vous voyez ce que je veux dire...)

Finalement, même si elle a voulu égratigner un peu les Windsor, Sue Townsend donne de la Reine un portrait assez flatteur : Elisabeth fait face, sa maison est toujours impeccable alors qu'elle aurait pu se laisser aller comme tant d'autres, elle affronte les services sociaux et les iniquités avec force tasses de thé et en découvrant la solidarité des gens du peuple (un p'tit cliché de plus, je vous l'accorde), elle comprend plus vite que tout le monde les magouilles du nouveau chef du gouvernement... tout ça grâce à l'éducation sans faille reçue de sa nurse dont elle entend la voix régulièrement. Mais bon, l'imaginer passant l'aspirateur ou prenant le bus en comptant ses sous, ça vaut son pesant de cacahuètes.

Et bien sûr, la fin est un peu invraisemblable et se dessine en une pirouette attendue... parce que tout doit bien se finir dans les histoires de reines et de princes !

 

Sue TOWNSEND, La Reine et moi, traduit et adapté de l'anglais par Anne Débarède, Editions du Seuil, 1994 (réédité en Points en 2011)

 

Et n'allez pas croire que je me moque : j'adore la Queen !

 

Un livre qui compte pour deux challenges !

 

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Publié dans Des Mots britanniques

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Anis 21/08/2012 00:23

C'est vrai, comment résister ? Tout ce qui touche l'Angleterre me touche aussi. Ce charme so british.

Anne 21/08/2012 09:56



Rien que voir la tête de la Queen, ça me fait frétiller ;-)



clara 16/08/2012 16:06

Pourquoi pas? il semble bien distrayant!

Anne 16/08/2012 19:05



Imagine Charles laissant pousser ses cheveux qu'il attache avec un élastique rouge, et dépensant le peu d'argent du ménage pour cultiver son jardin !



Ys 16/08/2012 10:46

Je pensais à Benny Hill en lisant le début de ton billet. Que de souvenirs (pas très fins d'ailleurs...) !

Anne 16/08/2012 18:59



Les grands esprits se rencontrent !! :)



Manu 15/08/2012 19:04

Tiens, ça peut être drôle ça. j'adore l'humour anglais à la Mister Bean.

Anne 15/08/2012 22:29



Si Argali me l'emprunte, je lui dis de te le faire suivre après ?



Voyelle et Consonne 15/08/2012 19:04

J'avais trouvé l'idée de départ très amusante (même le chien doit se ré-inventer!) mais le livre se trainait un peu sur la fin. Dans le genre, j'avais préféré "La reine des lectrices" d'Alan
Bennett.

Anne 15/08/2012 22:28



Je trouve aussi que ça traîne et que ça finit en pirouette un peu facile. Oh oui, La Reine des lectrices, délicieux !