Méfiez-vous des enfants sages

Publié le par Anne

Méfiez-vous des enfants sages 

 

Quatrième de couverture :

" Je n'ai pas rêvé cette nuit-là. Mon chagrin grandissait dans mon sommeil. Je me souviens du réveil, avec l'impression de manque, et mes parents dans l'encadrement de la porte. J'ai pris mon pantalon qui traînait par terre. Dehors, il faisait déjà chaud, mais je ne suis pas allée à l'école. La maison d'Eddy était fermée. Je me suis assise sur les marches en me disant que Kristina ne serait jamais au courant, que Freak ne pourrait pas me dire ce qu'il en pense. J'ai arrêté de croire en Dieu, j'ai arrêté de croire qu'il y avait d'honnêtes gens sur Terre, j'ai arrêté de sourire pour rien, et je me suis dit que je devais faire comme lui, au moment où j'en aurais envie, et dire aux gens d'aller se faire mettre, une bonne fois pour toutes ".

 

 J'ai emprunté ce roman à la bibliothèque, parce que son auteur vient présenter son dernier roman paru, Le roi n'a pas sommeil, le 12 avril chez Tirloy. J'étais persuadée que celui-ci était le premier paru et je souhaitais le lire avant Le roi... Il est court (108 pages) et... je m'y suis un peu perdue. Peut-être un petit problème de concentration sur ma lecture, je le reconnais, mais aussi une construction vraiment particulière, qui m'a parfois fait perdre le fil.

La première partie, à la troisième personne, suit une jeune femme qui quitte sa petite ville américaine comme il en existe dix mille, pour aller vivre à San Francisco. Elle croyait s'échapper de ce trou mais y revient quelques années plus tard, après le décès de sa mère. Dans les deux parties suivantes, nous écoutons une jeune fille raconter sa propre histoire dans cette ville, et on ne se rend pas tout de suite compte que sa mère est la jeune femme de la première partie, Kerrie. Elle est considérée comme "quelqu'un de bien" dans cette ville, elle a épousé Markku, un scientifique d'origine suédoise, et a donc une fille, Lua, qui perd confiance en elle et en ses parents le jour où son père ramène du laboratoire une Araignée géante à observer en rab. La gamine est plus ou moins laissée à elle-même, ses parents ne sont pas très attentifs à elle. Elle reçoit de l'attention auprès du voisin, Eddie, accro à la poudre blanche, auprès d'un prof, Freak, original marginal dont elle réussit à capter l'attention, et de Kristina. Elle fait du trafic de réglisse ou de baskets pour gagner son argent de poche.

Tout cela est présenté comme un puzzle, c'est du moins l'impression que j'ai eue : des portraits de gens du cru, à des époques différentes, avec l'un ou l'autre détail qui nous permet de faire des liens d'un chapitre à l'autre. Au lecteur de faire l'effort de reconstituer ces liens entre les différents personnages. Cette forme de narration veut-elle renforcer le sentiment d'abandon qu'éprouve Lua ? Peut-être...

A la fin du roman, nous sont données deux pages de références musicales à des chansons et des groupes plus ou moins célèbres. Je suppose que ces chansons originales ont inspiré Cécile Coulon (très jeune auteur qui a, semble-t-il, une solide culture nord-américaine). La quatrième de couverture évoque des références à Le coeur est un chasseur solitaire, de Carson McCullers, et L'attrape-coeurs de Salinger. Je ne connais pas le premier, et si j'ai lu le second, je n'en ai aucun souvenir !!  J'ai lu aussi qu'on peut penser à Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. Ca tombe bien, je vais le lire bientôt. Mais autant dire que les références multiples qui truffent ce court roman m'ont complètement échappé ou presque. Et que je suis sans doute passée à côté de ce livre, auquel je crois n'avoir pas compris grand-chose, malgré quelques passages émouvants sur la solitude de Lua, et des portraits originaux...

La quatrième de couverture proposant un extrait, vous avez déjà pu vous faire une petite idée du style, travaillé mais fluide.

Le roi n'a pas sommeil est dans ma PAL. Humhum... Vais-je aller rencontrer l'auteur ??

 

Cécile COULON, Méfiez-vous des enfants sages, Editions Viviane Hamy, 2010

 

Pas de logo pour une fois ! Cet article est le 500e publié sur ce blog, cela vaut la peine d'être signalé même si c'est un avis très mitigé... Le 500e grâce aussi à Nadège qui publie ici régulièrement depuis quelques mois !

 

Publié dans Des Mots français

Commenter cet article

Géraldine 08/04/2012 22:24

Une auteure que j'ai vu à la Grande librairie que j'ai bien envie de découvrir, j'avoue surtout par rapport à la curiosité et son âge.

Anne 08/04/2012 22:51



Elle en est à son troisième rman publié, extraordinaire !



Fransoaz 05/04/2012 15:28

J'ai commencé à lire cet auteure lorsque "le roi -qui- n'a-vait- pas sommeil" s'est arrêté chez moi. Il n'y aura pas de lectures rétroactives de Cécile Coulon mais futures peut-être.
Bravo pour ta régularité et la quantité de billets!

Anne 05/04/2012 23:58



Je vais m'intéresser à ce roi, promis ! Merci, Fransoaz !



Kathel 04/04/2012 11:01

N'hésite pas à découvrir "Le roi n'a pas sommeil" il en vaut la peine !

Anne 04/04/2012 22:54



Tu me rassures aussi ! (Remarque, il est de toute façon dans ma PAL.)



clara 04/04/2012 07:26

Je sus passéé à côte de cette lecture mais j'ai adoré le roi n'a pas sommeil !

Anne 04/04/2012 22:43



Bonne nouvelle ! (Finalement je me suis rendu compte que je ne pourrai pas aller écouter l'auteur, j'ai autre chose... c'est dommage !)



Lounima 03/04/2012 23:31

Et bravo pour le 500è !! ;-)

Anne 04/04/2012 22:36



Merciii, Lounima !